Civilisation grecque |
Orient |
L'ère antique couvre la période grecque et romaine, soit jusqu'à la veille du Moyen-Âge (476). Malheureusement, la tendance est à ne voir que les sociétés grecque et romaine lorsqu'on parle de l'Antiquité, mais bien d'autres sociétés existent à cette même époque, et ce, sans penser aux peuples aborigènes dont il a déjà brièvement été question. Trois sections seront donc bien distinctes : celles de la société grecques, de la société romaine et des peuples environnants.
Lorsque nous parlons de l'Antiquité en Grèce, nous
pensons au Parthénon, aux temples, à la
démocratie,
à l'art et aux grands penseurs. Mais pensons-nous à leur sexualité?
Que très rarement nous prenons le temps de spécifier les murs
sexuelles de ces gens qui vivaient pourtant leur sexualité plus ouvertement
que bien des sociétés contemporaines. Malheureusement, il ne sera
pas beaucoup question ici de l'homosexualité féminine en raison
du rôle grandement encadré du sexe féminin à l'époque.
De peur qu'elles s'élèvent trop dans la société
et qu'elles possèdent une trop grande liberté, les hommes préféraient
restreindre leur femme aux travaux domestiques et à une vie intérieure.
John Boswell illustre bien ce à quoi s'attend un homme de sa femme à
l'Antiquité :
" (
) qu'existe-t-il de mieux qu'une épouse chaste, femme d'intérieur,
bonne ménagère et qui élève les enfants; une épouse
pour te réjouir quand tu es bien portant, te soigner quand tu es malade,
s'associer à ton bonheur, te réconforter dans le malheur, pour
réfréner la folle passion de la jeunesse et adoucir les rigueurs
inopportune de la vieillesse? "1
C'est donc de cette manière que les hommes avaient par la suite deux choix : s'unir à une femme et avoir des aventures homosexuelles ou s'unir à un homme. Dans le premier des cas, bien que la femme pouvait en être consciente, elle ne pouvait que ne pas aimer cela sans pouvoir réellement agir. Les hommes mariés pouvaient donc courtiser les jeunes hommes et avoir des relations sexuelles avec eux sans que la société n'en soit outragée. Bref, il était socialement normal de pratiquer une telle bisexualité et c'est la préférence à un seul sexe qui était davantage remarqué, quoique tout de même acceptée.2
Mais comme il y avait des hommes qui n'avaient de relations qu'avec des femmes, il y en avait tout autant qui ne courtisaient que des hommes. Certains exemples, comme Alexandre le Grand, Denys l'Ancien, Platon ou Socrate, ne dévoilent qu'une partie des hommes ayant eu des préférences marquées envers le même sexe.3
Enfin, la prostitution était également présente dans cette société où hommes et femmes partageaient ce même " emploi ". Meier traduit trop bien la philosophie de l'époque pour tenter de la résumer : " ( ) l'amour impur se payait, tandis que l'amour pur ne se payait pas. "4
Il pouvait y avoir de nombreuses manières de recourir aux services de
" prostitués ". Que ce soit à l'abri des regards dans
un coin plus calme, à la maison du payeur, dans une maison de prostitués
tenue par un propriétaire qui " louait " ses esclaves ou encore
dans certains abris connu pour ce type de rencontre. Toutefois, l'autre prostitution
qui se voyait également était celle des gens plus aisé
où de jeunes hommes se faisaient vivre grassement par celui à
qui ils accordaient diverses faveurs sexuelles. Ainsi, ils se faisaient gâter
en échange de leur corps.5
Bien que l'image
préconçue de l'Empire romain soit un homme viril en armure cuivrée
et entouré de femmes, la société romaine ressemblait en
plusieurs aspects à la société grecque. Par contre, il
n'en fut pas ainsi durent toute cette période puisque de nombreux chavirements
furent connus.
Au départ, l'union homosexuelle avait été perpétuée depuis l'époque grecque. Il était donc acceptable de retrouver des unions homosexuelles dans la société romaine. Peu à peu, trois types d'unions se distinguèrent : l'un des moyens était " l'enlèvement " où un homme partait avec un autre jeune homme afin de s'unir et de le gâter, faisant de ce jeune homme un être spécial; ensuite, le peuple des Scythes, quant à eux, pouvaient s'unir à un autre homme pour la vie et ce, de façon très officielle; enfin, l'adoption d'un autre homme comme frère constituait une autre manière d'unir leur vie, sans qu'il y ait un des eux qui soit sous l'autorité ou la tutelle de l'autre. À noter que peu à peu, certaines règles, comme la dernière, furent délaissées pour laisser de plus grands droits aux unions hétérosexuelles.6
Toutefois, il semblait s'installer une distinction entre l'amour d'un homme
libre pour un esclave et l'amour entre deux hommes libres, le second répugnant
parfois la société. Mais malgré ces règlementations,
les Romains courtisaient toujours les garçons
libres,
et l'idée d'aimer un garçon devenaient graduellement bien accepté
dans la société. Même Néron épousa son esclave,
Sporus. De plus, il était admis que des hommes se prostituaient pour
d'autres hommes, allant jusqu'à adopter le 25 avril comme journée
des prostitués mâles.Dernier exemple sur ce point, Jules César
lui-même se faisait appeler " femme pour tout homme, et homme pour
toute femme ", ayant eu une aventure avec Nécomède, roi de
Bithynie, et courtisé des femmes commeCléopâtre et Eunoe.7
C'est en 342 après Jésus-Christ que la peine capitale, soit le bûcher, était maintenant réservée aux homosexuels passifs. Puis en 390, Théodose réaffirme sa haine face à l'homosexualité et renouvelle la loi afin d'éliminer la prostitution. En plus, en 438, la loi est amendée pour y inclure les homosexuels actifs, mais la prostitution existe toujours et est tolérée et taxée dans les différentes villes romaines. Enfin, ce sera en 533, donc au Moyen-Âge, que Justinien réaffirmera la peine capitale à tout acte homosexuel, amenant également, cette fois-ci, l'interdiction divine de pratiquer l'homosexualité.8
Tant les Romains que les Grecs vivaient avec l'homosexualité et apprenaient à accepter, et même adopter ces murs. Il ne faut surtout pas comprendre ici qu'il n'y avait que des couples d'hommes, loin de là, mais il faut voir en ces sociétés des murs portant davantage vers la bisexualité et l'acceptation des diverses orientations plutôt qu'un mépris sévère. Les multiples lois qui sont venues par la suite ne font que prouver qu'il y avait un véritable phénomène et ces dites lois n'ont pas eu tous les effets escomptés.
L'orient a aussi connu une évolution en ce qui a trait à l'homosexualité,
sans être en similitude avec l'Occident. L'Inde, vouant une grande importance
au plaisir sexuel, ne semble pas s'attarder très longuement sur l'homosexualité,
bien que certains textes
désapprouvent et que d'autres spécifient l'importance de l'anus
et son rôle dans la stimulation psychique. En Chine, ce serait sous la
dynastie des Han qu'aurait beaucoup évolué l'homosexualité,
soit entre le IIe siècle avant Jésus-Christ jusqu'au IIIe siècle
après Jésus-Christ. Plus souvent bisexuels, certains, comme le
dernier de la dynastie, Ali, se réservaient uniquement aux hommes. Ce
dernier n'ayant eu aucun enfant a décidé de léguer le pouvoir
à son amant, Dong Xian, qui s'est suicidé après avoir vécu
un calvaire au sein des ennemis politiques. Enfin, les sociétés
japonaises acceptaient très bien l'homosexualité et considérait
le tout comme normal. À certains endroits, il s'agissait de rituels,
ailleurs de pratiques courantes, et certaines populations allaient jusqu'à
fêter ces pratiques.9
L'Antiquité a donc été, durant tous ces siècles, une période où la bisexualité comme l'homosexualité étaient considérées souvent comme normales et socialement acceptées. Il ne s'agissait pas d'un comportement marginal ni d'une déviance, mais plutôt d'un passage dans certains cas, ou d'un choix comme un autre dans d'autres. Mais peu à peu en Occident, les dirigeants ont travaillé contre l'homosexualité et des règles ont été établies pour contrer cette normalité, ce qui se fera ressentir au Moyen-Âge et même jusqu'à nos jours.
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